A la maman que je suis…

Ce mois de septembre a été particulièrement chargé en émotions pour moi (et bien d’autres mamans je suppose). Mon grand garçon a fait sa première rentrée scolaire, et cela a déclenché en moi un profond sentiment de nostalgie. En tant que maman, mon cœur s’est serré, et je me suis retrouvée à réfléchir aux raisons qui faisaient que cette étape me touchait autant.

Cela m’a amenée à réaliser que ce sentiment de nostalgie était lié à une série de réflexions plus profondes sur ma vie, réflexions que je mène depuis plusieurs semaines maintenant. J’ai constaté que j’avais atteint certaines limites ces dernières années, dans divers aspects de mon existence, un enlisement progressif sur plusieurs aspects de ma vie. En réalité, je m’étais enfermée dans un rôle qui ne me permettait pas de prendre soin de moi-même comme je le devrais. L’arrivée de mon enfant à l’école a été un rappel tangible que le temps passe rapidement, que mes enfants grandissent, et qu’ils vont continuer à évoluer indépendamment de moi. Ils auront toujours besoin de l’amour et du soutien de leur maman, mais ils ne seront plus jamais de petits bébés. Cette réalisation qui peut paraître presque stupide m’a fait comprendre qu’il est crucial de prendre soin de moi-même, de ne pas négliger mes propres besoins et aspirations. Je dois accepter de ne pas être la seule personne capable de leur offrir un amour, soutien, aide et que certes, mon rôle est primordial mais n’est pas le seul à l’être dans leur univers. Dans cette continuité, prendre du temps pour moi n’est ni un gros mot ni un défaut, mais une nécessité. Cela me permettra non seulement de m’épanouir en tant qu’individu, mais aussi de continuer à être une meilleure mère pour mes enfants alors qu’ils grandissent et évoluent dans ce monde qui change si rapidement.

La mode des mamans parfaites et omniscientes

Il est vrai que je suis tombée dans le piège du monde des mamans parfaites, bombardées par plein de tendances sur internet mais aussi en subissant une certaine attente de mes cercles de fréquentation, des univers où je me suis identifiée à des femmes façon Bree Van de Kamp pub des années 50. Lorsque mon fils, Hadrien, est né, j’ai ressenti une pression intense pour tout faire de manière impeccable pour lui, en privilégiant le fait maison à tout prix par exemple, en étudiant les neurosciences, en adoptant les techniques les plus optimisées pour le faire grandir, oubliant peu à peu de profiter de l’instant présent. J’étais prête à l’envelopper dans une bulle, que dis-je, un bunker de protection. À l’époque, je n’osais même pas envisager de le faire garder par quelqu’un d’autre, car je pensais sincèrement que moi seule pouvais prendre soin de lui de la meilleure manière possible. J’étais obsédée par l’idée de lui donner le meilleur, je passais des heures à me documenter sur l’éducation à domicile et autres projets d’avenir pour lesquels mon fils n’aurait pas à se confronter à l’imperfection du monde qui nous entoure. Derrière des arguments pragmatiques tels que le manque de sécurité dans le monde actuel ou le manque d’adaptation à l’école se cachait en réalité une peur profonde de me séparer de mes enfants. C’était une peur viscérale qui aurait fini par nuire à leur bien-être, et cela aurait commencé par me faire du mal à moi-même en premier lieu. J’ai réalisé que cette obsession de la perfection et de la surprotection pouvait en réalité entraver le développement de mes enfants en les privant des expériences nécessaires à leur croissance. En fin de compte, j’ai compris que l’amour et le soin que je leur apportais ne devaient pas être synonymes de surprotection, mais plutôt d’un équilibre sain entre leur indépendance et mon rôle de mère aimante et présente. Cela a été un processus d’apprentissage important pour moi en tant que parent.

Quand j’ai enfin compris que le « je » devait passer avant eux

Cela peut sembler choquant à première vue. Dans notre société, nous sommes souvent poussés à jouer le rôle de la mère parfaite, à nous sacrifier pour nos enfants, « mère courage » et à nous mentir à nous-mêmes en croyant que valoriser notre propre personne est égoïste, voire égocentrique. On utilise souvent des termes péjoratifs pour décrire cette attitude, les mères qui crient haut et fort qu’elles font de leur propre personne la priorité sont montrées du doigt, même si celles-ci s’occupent parfaitement de leurs enfants et les aiment profondément. Non, pour être mère, il faut souffrir, s’oublier, pour nos enfants, ça c’est beau ! Ridicule non ? Ce n’est que récemment que j’ai réalisé que c’est seulement lorsque l’on est en paix avec soi-même que l’on peut réellement rayonner de bonheur et apporter du bien-être aux autres, y compris à nos enfants. Malheureusement, en devenant mère, on oublie souvent cette règle simple que l’on vous pousse à appliquer pour tous les autres aspects de votre vie « toi avant ton mec, toi avant ton travail, toi avant blabla », mais pas avec vos enfants.

Peu à peu, j’ai glissé vers un mélange de colère envers moi-même et de tristesse, et j’ai laissé ces émotions se refléter sur mes enfants. Sur le papier, tout semblait parfait : « je m’occupe d’eux » et « je suis mère au foyer », bravo ! Mais en réalité, j’étais progressivement, doucement mais sûrement au bord de la rupture intérieure. Personnellement, je pense qu’à ce moment-là, j’ai transmis à mes enfants l’image d’une maman épuisée, avec des journées monotones gâchées. Même mes efforts pour varier les activités semblaient forcés, et je ne prenais plus de plaisir à les faire. Chaque matin, je me levais avec l’intention de faire mieux, avec un plan bien écrit sur papier, mais je finissais ma journée à moitié en larmes, me demandant comment j’en étais arrivée là, avec un sentiment d’échec et des enfants agacés, agités, qui semblaient finir par tourner eux-aussi en rond.

C’est à ce moment-là que mon mari m’a fait une observation importante lorsque j’ai décidé de changer les choses : « Ca se voit que tu as atteint tes limites, ce n’est pas grave, passe à autre chose. » Il n’y a rien de honteux à admettre cela, c’est simplement honnête. J’ai donc décidé de prendre les choses en main. J’ai réduit le temps que je consacrais à mes enfants pour augmenter mon temps personnel mais aussi mon temps accordé à mon mari. Et devinez quoi ? Tout le monde en est devenu plus heureux ! Les moments en famille sont redevenus joyeux et spontanés, mes enfants sont ravis de retrouver « leur » maman sur des temps peut-être plus courts mais de meilleure qualité, et moi, je suis sortie de ma chrysalide comme un joli papillon. J’ai appris que prendre soin de moi n’était pas égoïste, mais essentiel pour être une mère épanouie et heureuse.

Le Grand Cerf

Ces dernières semaines ont été une période intense de travail sur moi-même, une véritable overdose de développement personnel. J’ai décidé de bousculer complètement ma routine quotidienne, de revoir mes rituels, d’éliminer les réseaux sociaux superflus, et de consacrer la totalité de mon temps libre à des activités productives et qui me font surtout réellement du bien. J’ai réussi à réduire considérablement ma tendance à procrastiner, à rêvasser sur une vie sans me donner les moyens d’obtenir ce que je souhaite. Cependant, au milieu de cette transformation, des doutes ont commencé à émerger. Étais-je sur la bonne voie, n’allais-je pas regretter mes démarches ? Étais-je en train de m’égarer dans le superflu ? Mes projets allaient-ils vraiment se concrétiser, est-ce que je ne suis pas en train de tout mettre en l’air ?

Et puis, un soir, alors que ma tête était remplie de ces doutes tourbillonnants, quelque chose d’extraordinaire s’est produit. Dans un rêve, j’ai été visitée par la majesté d’un grand cerf. Mais qu’est-ce qu’elle nous raconte encore celle-ci ? Vous pourriez penser que c’est une simple histoire de rêve, mais pour moi, c’était bien plus que cela. Je rêve très rarement, et quand cela se produit, c’est généralement marqué par des schémas récurrents de catastrophes imminentes ou de tentatives désespérées pour éviter des accidents (joyeux je sais). Mes rêves sont souvent chargés d’une aura sombre et anxieuse, très éloignée de l’expérience que j’ai vécue cette nuit-là. Ce rêve était différent. Dans ce rêve, j’ai été témoin de la présence imposante d’un cerf gigantesque, deux fois plus grand qu’un homme, dégageant une puissance inimaginable. C’était une expérience onirique unique, car je n’avais jamais rêvé d’animaux auparavant, et encore moins d’un animal aussi « ésotérique » que le cerf dont la symbolique n’est pas anodine. Pourtant, ce n’était pas la taille ou la rareté de l’animal qui m’a le plus marquée, mais son regard. Ce cerf avait des yeux emplis d’une sagesse humaine, et il se tenait devant moi avec une dignité inébranlable. Il ne montrait ni l’envie de fuir ni celle d’attaquer. En fait, il semblait m’approuver. Dans ce rêve, je suis restée face à ce cerf majestueux, silencieuse et en paix. Et quand je me suis réveillée, j’étais troublée et stupéfaite. J’ai été envahie par la conviction que les cieux s’étaient manifestés et m’avaient envoyé un message clair. Ils approuvaient la personne que je suis en train de devenir. Ils me signifiaient que je suis la ligne directe de mon destin. Je me suis réveillée avec une énergie nouvelle, une force intérieure prête à braver les montagnes et à défier les cieux pour avancer dans ma vie.

Aussi stupide que celui-puisse paraître (surtout pour les plus pragmatiques), ce rêve du grand cerf a été un tournant majeur dans ma quête de développement personnel. Il m’a rappelé que parfois, des messages profonds et puissants peuvent nous parvenir à travers nos rêves, même lorsque ceux-ci sont rares et généralement empreints d’anxiété. Il m’a renforcée dans ma conviction que je suis sur la bonne voie, que mes efforts ne sont pas futiles, et que je suis soutenue par des forces qui vont au-delà de notre compréhension. Je vous encourage à être attentif vos rêves, car ils pourraient bien être le véhicule par lequel l’univers vous adresse un message essentiel pour votre propre voyage de transformation.

A la maman que je suis…

Il est rare que l’on prenne le temps de s’arrêter et de se dire : « Je suis satisfaite de la personne que je deviens. » Pourtant, cette affirmation puissante marque souvent un tournant dans notre voyage personnel. Ma démarche récente de développement personnel a produit des résultats extraordinaires. Je crois sincèrement que cela découle des efforts que j’ai investis pour prendre en main ma propre vie. Dans ma quête de développement personnel, j’ai appris à être plus attentive aux signes qui jalonnent mon chemin. Ces signes peuvent prendre de nombreuses formes, que ce soit une intuition soudaine, une rencontre fortuite, ou même un rêve énigmatique. Ils m’encouragent dans mes démarches et me rappellent que je suis sur la bonne voie. En écoutant ces signes, j’ai pu naviguer plus efficacement dans ma quête d’épanouissement personnel. Une des leçons les plus importantes que j’ai notamment apprises est l’importance de saisir les opportunités qui se présentent à nous. Trop souvent, nous laissons passer des occasions précieuses par peur de l’échec ou du changement. Cependant, j’ai découvert que c’est en sortant de ma zone de confort et en saisissant ces opportunités que ma vie a commencé à prendre une tournure positive. Que ce soit dans mes projets professionnels, mes relations ou ma croissance personnelle, j’ai appris à ne pas avoir peur de l’inconnu. Ces derniers temps, ma vie a été enrichie de nombreuses expériences positives. Je suis convaincue que ces développements découlent en grande partie de ma prise en main et de mon investissement personnel. Je me sens plus épanouie que jamais, et cette satisfaction personnelle est un moteur puissant pour continuer à avancer.

Je tiens à encourager toutes les mamans et toutes les femmes qui traversent des périodes sombres dans leur vie à apprendre à se revaloriser. Ne culpabilisez pas de prendre soin de vous avant tout. J’aurais aimé qu’on me pousse plus sincèrement dans cette direction plus tôt dans ma vie, c’est pourquoi je tiens à être l’amie qui vous le dit maintenant : prenez soin de VOUS. Vous méritez d’être épanouie et satisfaite de la personne que vous devenez. Votre bien-être est la clé pour une vie plus heureuse et plus épanouissante, et il ne faut jamais sous-estimer son importance.

Vous arrive-t-il de vous sentir dépassé par le rôle de parent, d’ami ou autre, que vous avez idéalisé ?

2 commentaires sur “A la maman que je suis…

  1. Bonjour Julie,

    je lis ton article et à ce moment, il y a en effet des phrases qui résonnent en moi. Essayer d’être parfaite coûte que coûte, ne rien déléguer et se poser en mère toute-puissante, sans comprendre qu’en effet les autres, tant qu’ils sont sains, ont certainement une phrase, un regard, un instant, une valeur à apporter et à partager avec nos enfants. Je suis exactement le genre de mère à tout prévoir pour la semaine, tout écrire pour ne rien oublier, y compris les activités à faire avec mes enfants ou les compétences à développer avec eux et pour eux. Toujours dans un souci d’exigence et de perfection … mais en oubliant parfois que le rôle de maman, c’est également de transmettre une aura, un sourire, un réconfort en toute simplicité. Et que ce n’est possible que si on lâche du lest et qu’on accepte que tout ne se passe pas comme on l’avait pensé et écrit !
    Merci pour ce condensé de déculpabilisation et de remise en question.

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