Et une nouvelle rentrée… (Les Chroniques de Juju)

La rentrée est là, et c’est le moment où je ressens ce mélange d’excitation et d’appréhension. Cette année, c’est la seconde rentrée de mon fils, et bien que cela ne soit plus la première fois, l’émotion reste intense. L’année dernière, je me souviens encore de ce jour où il se tenait à mes côtés, le plus petit de sa classe, tant en âge qu’en taille. Il serrait ma main avec force, cherchant du réconfort alors que nous pénétrions dans cette immense cour d’école. Il était timide, effrayé par tout ce bruit et cette agitation. Mais aujourd’hui, c’est un autre enfant que je vois. Celui qui s’avance avec confiance, qui parle joyeusement avec des camarades plus âgés, parfois même avec un peu trop d’enthousiasme, au point que nous devons modérer son ardeur. Cela me remplit de fierté, bien sûr, mais aussi d’une certaine nostalgie. À quel moment a-t-il grandi si vite ? Est-ce que je suis la seule à ressentir ce pincement au cœur en voyant mon enfant franchir ces étapes avec tant d’assurance ?

L’année dernière a été difficile, je ne vais pas le nier. Financièrement, c’était compliqué, et ça l’est toujours. Je me retrouve une fois de plus dans une situation délicate, sans emploi stable, et cela m’angoisse un peu. Mais malgré tout, en observant mon fils, je ressens une immense fierté. Ce n’est peut-être pas évident pour tout le monde, mais le voir si bien dans sa peau, si compatissant, si gentil, me donne la conviction que, malgré nos défis, nous avons réussi à lui offrir un environnement rempli d’amour et de sécurité. Ce qui me touche particulièrement, c’est sa capacité à appréhender des situations difficiles avec poésie. A la perte de sa grand-mère il y a cela quelques mois seulement, il nous a dit : « Mamie est retournée à la terre, comme les plantes, elle va devenir une jolie petite fleur. » Cela me fait réfléchir : comment expliquer cette maturité émotionnelle chez les enfants ? Est-ce qu’ils perçoivent les choses avec plus de clarté et de simplicité que nous, adultes ?

Et puis, il y a ma petite fille. Elle, qui entame sa dernière année de garde avant de rejoindre son frère à l’école. Là encore, c’est un tourbillon d’émotions. Je la vois grandir chaque jour, devenir progressivement mon reflet. Elle imite mes gestes, reprend mes paroles, et c’est à la fois amusant et un peu déconcertant. Une relation mère-fille se tisse, douce et complexe à la fois. Cela dit, cette proximité ne fait qu’intensifier mon désir de pouponner à nouveau. Je le sens, mes hormones me jouent des tours, et cette idée de redonner la vie devient de plus en plus envahissante. Est-ce une réaction naturelle à la perte, une manière de combler ce vide, ou est-ce simplement le cycle de la vie qui me rappelle que ma place est ici, au cœur de mon foyer, auprès de mes enfants ? Comment réconcilier cette envie de maternité avec mes projets personnels ? Est-ce que ces deux désirs peuvent coexister, ou suis-je condamnée à choisir l’un au détriment de l’autre ? Je crois sincèrement que la vie est la plus belle manière de lutter contre la mortalité. Rien ne me réchauffe davantage le cœur que l’idée d’accueillir un nouveau petit être dans notre famille. Mais est-ce la bonne décision, alors que nous sommes encore dans une situation financière incertaine ? Comment concilier ce désir de vie avec la réalité de nos circonstances actuelles ?

Et puis, il y a cette idée qui me trotte dans la tête : clore un chapitre pour en ouvrir un autre. J’ai toujours ces projets professionnels en tête, des rêves que j’ai dû mettre de côté pour me consacrer à ma famille. Mais maintenant, je sens que je suis prête à avancer, à accomplir ces rêves qui me tiennent tant à cœur. Après ce dernier enfant, serais-je prête à me concentrer pleinement sur mes projets professionnels ? Est-ce que cela fait sens pour vous, ou est-ce que je suis simplement en train de me compliquer la vie avec des choix qui ne sont peut-être pas nécessaires ? J’envisage d’ouvrir ma propre entreprise, quelque chose qui me permettrait de travailler à domicile tout en étant présente pour mes enfants. Ce n’est pas un projet facile, mais c’est quelque chose qui me tient à cœur. J’espère pouvoir concilier ma vie de famille et mes ambitions professionnelles, car je crois fermement que les deux peuvent coexister.

Je me prépare, pas seulement pour mes enfants, mais aussi pour moi-même. Cette rentrée n’est pas seulement une étape pour eux, c’est aussi un moment crucial pour moi. Il y a quelques mois, j’ai frôlé la mort dans un accident de voiture. Cet événement m’a forcée à revoir ma perception de la vie. J’ai vu la mort de près, et j’ai réalisé à quel point chaque jour est précieux. Cette prise de conscience m’a aidée à surmonter mes moments de doute. À quoi bon m’inquiéter des petits tracas du quotidien, alors que tout peut basculer en un instant ? Depuis, j’essaie de profiter de chaque instant, de chaque sourire de mes enfants, et surtout, de ne pas laisser mes peurs dicter ma vie.

Ces derniers mois, j’ai aussi appris à trouver du bonheur dans les petites choses du quotidien. Les câlins et les bisous de mes enfants dès le matin, les petites fleurs qu’ils déposent dans mon lit et que je retrouve avant de me coucher, les compliments qu’ils me font, ou encore l’empathie qu’ils montrent dès que je me fais mal, en venant me faire des « bisous magiques ».

Si je devais donner un conseil à d’autres parents qui traversent des situations similaires, ce serait de ne pas rester seuls avec leurs peurs et leurs doutes. Parlez-en, entourez-vous de personnes qui vous comprennent et qui peuvent vous soutenir. Ne sous-estimez jamais l’importance d’une oreille attentive, d’un mot d’encouragement, ou d’un simple geste de réconfort. Nous avons tous besoin de soutien, et il n’y a aucune honte à demander de l’aide lorsque nous en avons besoin.

Bonne rentrée !

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