Tu feras ci, tu feras ça… l’aventure de l’allaitement

Tada ! Vous venez d’apprendre que vous attendez un petit bout de chou, et soudainement, votre entourage, vos amis, et même le personnel médical se transforment en interrogateurs professionnels ! Parmi leurs questions redoutées, il y a invariablement celle-ci : allaitement ou biberon ? C’est à ce moment que vous réalisez que vous avez un doctorat en « Bac +35 en Maternité » à décrocher pour comprendre toutes les raisons derrière chaque choix, quelles méthodes sont à suivre, et comment diable fonctionne ce mystérieux processus d’allaitement (ça doit être un jeu d’enfant, non ?).

Et si vous pensiez que la confusion s’arrêtait là, détrompez-vous ! Tout le monde semble soudainement avoir son mot à dire, même ceux qui n’ont jamais expérimenté la chose. En l’espace d’une seule journée, deux sages-femmes ou médecins peuvent même vous donner des conseils diamétralement opposés. Vous vous dites alors que dans le grand cirque des nouveautés liées à la maternité, l’allaitement est probablement l’attraction la plus déconcertante.

Pourtant, l’allaitement maternel est souvent célébré comme l’un des moments les plus précieux de la maternité. Vous savez, ces mamans « pro-allaitement » sur Instagram qui partagent leurs aventures lactées avec une simplicité presque déconcertante, faisant parfois naître un petit nuage de culpabilité chez celles qui ont choisi une autre route ou qui estiment avoir raté leur propre expérience d’allaitement, peu importe la raison.

La réalité, c’est que pour de nombreuses mamans, cette aventure peut être une course semée d’embûches inattendues et décourageantes. Le pire, c’est qu’on n’est généralement pas vraiment prêtes à affronter ces montagnes russes de l’allaitement.

Mais ne vous inquiétez pas, dans cet article, nous allons discuter de tout cela. Nous allons explorer les défis de l’allaitement, les contradictions du personnel médical, et réfléchir à la décision parfois difficile d’abandonner l’allaitement par choix personnel ou par épuisement.

Les défis de l’allaitement, entre magie et montagnes russes

L’allaitement, c’est un peu comme une plongée dans un monde magique. Rappelons-nous de cette première tétée à la maternité, ce moment où votre précieux petit trésor vous lançait un regard intense à chaque fois qu’il s’agrippait à votre sein. Vous aimiez cette sensation de fusion avec ce petit être, un amour si intense qu’il vous faisait presque regretter qu’il ne puisse retourner dans votre ventre (à condition que ça se fasse sans les désagréments de la grossesse, bien sûr). Et n’oublions pas cette complicité unique, cette relation personnelle et intime que personne d’autre ne pouvait voler ni remplacer. Vous saviez que vous étiez la seule à pouvoir répondre aux besoins de votre enfant, que votre lait était une véritable potion magique contre les bobos et les chagrins. Pourquoi se le cacher, ces moments étaient magiques !

Cependant, il est crucial de réaliser que chaque mère et chaque bébé sont uniques, et donc, chaque aventure d’allaitement est unique. Ce que vous avez adoré peut être détesté par d’autres, et ce qui vous semblait facile peut être un véritable parcours du combattant pour quelqu’un d’autre. L’allaitement peut être comme un réveil brutal de la réalité de la parentalité : votre expérience personnelle n’est en aucun cas une généralité, et que vous soyez comblée de joie ou que vous rencontriez des difficultés, vous pourriez vous sentir finalement un peu seule dans cette aventure.

Et oh là là, les défis de l’allaitement peuvent revêtir de nombreuses formes ! Voici une liste non exhaustive :

La douleur :

Ah, la douleur… Les douleurs aux mamelons et les engorgements, un véritable passage obligé pour bon nombre de nouvelles mamans. Et bien sûr, vous aurez toujours une Cindy, maman pour la première fois, ou une Samantha, mère de six enfants, qui a l’air d’avoir élevé des bébés qui parlaient latin dès l’âge de deux ans, pour vous dire : « Oh, c’est parce que bébé tète mal, votre position est mauvaise, etc. » Vous écouterez attentivement leurs conseils, parce que soyons honnêtes, elles semblent en savoir long. Alors vous essaierez, et vous réaliserez que ça marche… ou pas.

Parce que, soyons réalistes, vous avez peut-être un bébé avec un RGO (Reflux Gastro-Oesophagien, je vous souhaite sincèrement de ne jamais avoir à connaître ce terme), ou peut-être que vous souffrez de surlactation, ou d’autres pépins encore. Malgré toute votre bonne volonté, parfois les choses ne se passent pas comme prévu. Et malheureusement, personne ne vous avait prévenue, parce que soyons honnêtes, personne n’est vraiment préparé à ces défis-là.

Tout cela peut être incroyablement douloureux et décourageant. Personnellement, avec mes deux enfants, j’ai eu affaire à des mastites, en particulier avec ma fille, où j’ai dû prendre des antibiotiques pour m’en sortir. Cela a eu un impact énorme sur notre expérience d’allaitement et même sur sa digestion qui en a été lourdement impactée pendant plusieurs mois (merci les antibios). Ce sont des obstacles auxquels je me suis finalement habituée, mais qui ont ajouté de la fièvre à ma déjà fatigante période post-partum, sans parler des douleurs lancinantes.

Donc, si vous vous retrouvez dans une situation semblable, sachez que vous n’êtes pas seule. L’allaitement peut être une vraie montagne russe, et parfois, vous allez affronter des virages serrés et des descentes abruptes. Mais il y a toujours des ressources et des mamans qui sont passées par là pour vous soutenir, et qui sont prêtes à partager leurs histoires, leurs astuces et, surtout, à vous rappeler que vous faites du bon travail.

La lactation insuffisante

Ah, la lactation insuffisante, ce défi bien connu de l’allaitement. Certaines mamans peuvent se retrouver à lutter pour produire suffisamment de lait pour leur précieux bébé, et cela peut engendrer tout un lot de stress et d’anxiété. Et pourtant, voilà qu’arrivent les Instagrammeuses et influenceuses, celles qui vous diront que tout va bien, que vous avez probablement plus de lait que vous ne le pensez, que c’est juste un pic de croissance, et devinez quoi ? Elles ont souvent raison, 90 % du temps je dirais. Mais voilà, il faut se renseigner – se renseigner, comme si vous aviez que ça à faire avec à peine 5 heures de sommeil par nuit.

Se renseigner est crucial, certes, mais il y a aussi une réalité que ni les livres sur l’allaitement ni les conseillères en lactation ne prendront véritablement en compte : votre environnement, le stress quotidien, les problèmes de couple, d’argent ou tous les ennuis du monde que vous subissez. Et n’oublions pas le manque de soutien. Tout cela a un impact énorme sur votre énergie et en finalité sur votre capacité ou non à allaiter.

En fin de compte, chaque cas est unique, et ce qui fonctionne pour une personne peut ne pas fonctionner pour une autre. Bien sûr, je vous recommande de vous rapprocher de La Leche League en cas de pépins, car elles sont une source précieuse de soutien et de conseils.

Les problèmes de succion : bébés, biberons, et … bistouris ?

Les problèmes de succion, un autre défi qui peut rendre l’allaitement un peu tumultueux. Certains bébés ont du mal à prendre le sein correctement, ce qui peut entraîner une kyrielle de problèmes. Et comme si cela ne suffisait pas, voilà qu’une nouvelle pression s’ajoute : la « mode » du « frein de langue ». C’est devenu presque aussi populaire que les poussettes élégantes ces dernières années : si un bébé tète mal, c’est forcément à cause d’un frein de langue trop court, et bien sûr, il faut l’opérer ! (Attention, dans certains cas, c’est effectivement nécessaire.)

Soyez toutefois vigilants face à cela, car cela peut être présenté comme une solution miracle, mais certains spécialistes commencent à remettre en question cette pratique généralisée. Panique à bord ! Vous pourriez vous retrouver à envisager de faire bricoler, bidouiller, ou même opérer votre tout-petit, ajoutant ainsi des pleurs et des douleurs supplémentaires à l’ensemble déjà bien garni du post-partum.

C’est une situation délicate qui peut mettre une pression considérable sur les jeunes parents. Les problèmes de succion peuvent sembler insurmontables, mais il est essentiel de se rappeler qu‘il existe une variété de solutions et de soutiens disponibles. Parlez à des professionnels de la santé qualifiés, consultez plusieurs avis, et faites confiance à votre instinct parental. Chaque bébé est différent, et ce qui fonctionne pour l’un peut ne pas convenir à l’autre.

Le manque de soutien

Et voilà, nous touchons au cœur du problème : toutes les difficultés en elles-mêmes peuvent être surmontées lorsque l’on dispose d‘un solide soutien. Parce que soyons honnêtes, le post-partum est une période semée d’embûches, de vulnérabilité, et ajouter un défi majeur comme l’allaitement peut devenir une charge écrasante. Sans soutien, c’est comme se lancer dans une mission quasi impossible, et vous n’avez plus qu’à croiser les doigts pour faire partie des chanceuses qui ont un bébé qui dort 9 heures d’affilée dès la naissance, avec une lactation digne d’une fontaine magique.

Et que dire du personnel médical ? Eh bien, ils ne sont généralement pas formés spécifiquement à l’allaitement, ce qui les amène à apporter leur aide en s’appuyant sur leurs propres préjugés sur la question. D’où cette étrange habitude d’entendre des avis totalement contradictoires. Les médecins, souvent dépourvus de formation en allaitement, peuvent rapidement vous conseiller d’arrêter si la courbe de poids de bébé semble « mauvaise » (une courbe qui ignore souvent les différences de gabarit entre les parents et la distinction entre un bébé allaité et un bébé nourri au biberon), ou si vous semblez fatiguée, un peu déprimée.

Car, voyez-vous, pour certains, l’allaitement est la solution miracle, tandis que pour d’autres, il peut sembler être la source de tous les problèmes.

C’est pourquoi, dans ce labyrinthe de conseils contradictoires et de pressions, il est essentiel de chercher du soutien ailleurs. Que ce soit auprès de groupes de soutien à l’allaitement, de mamans qui ont traversé les mêmes épreuves, ou de professionnels de la santé spécialisés en allaitement, ne sous-estimez jamais l’importance de cette épaule sur laquelle vous pouvez vous appuyer.

Le Manque de Soutien Médical : Quand l’Allaitement Se Heurte à un Mur d’Incompétence

J’ai effleuré ce sujet plus tôt, mais il est grand temps de lui accorder un paragraphe bien à lui : le personnel médical, bien qu’il joue un rôle essentiel dans le soutien à l’allaitement, semble souvent aussi bien formé sur le sujet que votre voisine Jeannine. Si seulement ils pouvaient reconnaître cette lacune, mais malheureusement, ils continuent à se présenter en tant qu’autorités incontestables, ce qui fait perdre à de nombreuses femmes le précieux soutien dont elles ont besoin, laissant ainsi un goût amer à leurs débuts en maternité.

Beaucoup de mères rapportent avoir reçu un soutien insuffisant de la part des professionnels de la santé. Il est pourtant essentiel que les médecins, les sages-femmes et les infirmières reçoivent une formation adéquate sur l’allaitement pour pouvoir soutenir au mieux les mères. Le manque de sensibilisation et d’information peut pousser certaines mères à abandonner l’allaitement plus tôt que prévu ou à prendre des décisions qui ne sont pas les plus adaptées.

Tout cela a un impact profond sur la manière dont les femmes vivent la période post-partum et peut même conduire à des situations vraiment dramatiques. Les mères méritent un soutien compétent et bienveillant à ce stade crucial de leur parcours, et cela pourrait faire toute la différence entre une expérience d’allaitement réussie et un abandon prématuré.

La Décision d’Abandonner l’Allaitement : Votre Choix, Votre Bien-Être

Il est primordial de mettre en avant que décider d’arrêter l’allaitement par choix n’est en aucun cas un échec. Ici, la pression des autres mamans peut s’avérer particulièrement pesante. L’allaitement, ou le choix de ne pas allaiter, peut vous faire plonger dans votre première expérience de « concurrence » entre mamans. Très vite, vous réalisez que derrière les apparences de bienveillance se cachent parfois des médisances ou le désir de bâtir une sorte de statut social. « J’allaite, je suis une maman formidable. »

Il est crucial de rappeler que votre qualité de mère ne dépend absolument pas de votre capacité ou de votre volonté d’allaiter. Donner le sein avec dégoût ou au prix de souffrances peut avoir un impact négatif sur votre relation avec votre enfant, ou du moins, sur votre appréciation de votre rôle de mère. Chaque maman doit prendre la décision qui lui convient le mieux, en tenant compte de sa santé mentale, physique, et de son bien-être émotionnel.

Les raisons de mettre fin à l’allaitement, que ce soit après 3 jours, 3 semaines, 3 mois ou 3 ans, peuvent être variées. Peu importe la raison, il est essentiel de faire ce qui vous semble le mieux pour vous et votre bébé. Votre bien-être compte autant que celui de votre tout-petit. Voici une liste non-exhaustive :


La Santé Mentale : Prioriser Votre Bien-Être Émotionnel

L’allaitement peut s’avérer épuisant, et il arrive que certaines mères ressentent le besoin de préserver leur santé mentale en faisant le choix de l’alimentation au biberon. Soyons honnêtes, l’allaitement vous place automatiquement dans une position où vous êtes l’élément absolument INDISPENSABLE pour votre enfant. Si vous avez un bébé pour qui les tétées s’enchaînent et les nuits sont courtes, la difficulté à être assistée, à déléguer devient une réalité.

Si vous traversez une période de vulnérabilité dans votre vie personnelle, que ce soit pour des raisons de santé mentale, de stress, ou pour d’autres motifs personnels, l’allaitement peut se vivre comme quelque chose de subi plutôt que choisi. Il est important de pouvoir relâcher un peu la pression si vous avez l’impression de « déraper » plutôt que de vous enfoncer dans des situations désespérées.

Certes, l’impression de se sentir dépassée, les difficultés rencontrées, peuvent parfois être liées à un manque d’information ou d’autres facteurs, mais il est essentiel de reconnaître que tout le monde ne réagit pas de la même manière à la réception de cette information ni même n’a accès de manière égale à cette information.

Votre bien-être mental compte autant que celui de votre bébé. Prendre soin de vous est un acte de maternité responsable.

La Pression Sociale : Libérer les Mamans de l’Attente des Autres

La pression de la société et de l’entourage peut peser lourdement sur les mères, les poussant à abandonner l’allaitement plus tôt qu’elles ne le souhaitent. C’est vraiment dommage lorsque cela se produit pour ces raisons, bien sûr. Cependant, il serait injuste de blâmer les mères qui se sentent débordées lorsque 100 % de leur entourage semble nager à contre-courant.

Le post-partum est une période d’extrême fragilité. Il est normal de ne pas avoir la même énergie et la même force de volonté que dans d’autres contextes. Lorsque vous commencez à ressentir que l’allaitement devient plus un fardeau qu’un cadeau, il n’y a aucune honte à envisager de changer de cap.

Le Confort Personnel : Écouter Votre Corps et Votre Cœur

Certaines mères décident d’arrêter l’allaitement pour retrouver leur autonomie, leur liberté, et ressentent qu’elles atteignent leur propre limite. Je ne vais pas le cacher, c’était mon cas pour mes deux enfants, vers les 9-10 mois. Il arrive un moment où je sentais que je saturais, que j’avais besoin de récupérer mon corps, et que chaque tétée ne me semblait plus agréable, mais plutôt une corvée supplémentaire parmi tant d’autres. Je sentais aussi que mes enfants étaient « prêts ». Je ressentais que c’était le bon moment, à la fois pour moi et pour eux, et je n’ai ressenti aucune culpabilité en prenant cette décision.

Pourquoi ? Parce qu’une chose est sûre : il vaut mieux un biberon donné avec amour qu’une tétée donnée avec dégoût. Je ne voulais pas que ces moments spéciaux deviennent des souvenirs désagréables. Alors, ne vous mettez pas trop de pression, et laissez-vous guider par vos instincts. Nous avons la chance de ne pas mettre nos enfants en danger en faisant ce choix ou celui d’allaiter (oui, nous savons que le lait maternel est le meilleur, tout comme manger bio, fait maison, et local de saison, mais cela ne signifie pas que vous maltraitez vos enfants si vous optez pour une autre forme d’alimentation).

En fin de compte, l’allaitement n’est qu’une facette du vaste spectre de la maternité. C’est une décision personnelle, et il n’y a pas de « bonne » ou de « mauvaise » réponse.

Conclusion : L’Allaitement, un Parcours Unique

L’allaitement maternel peut être une expérience incroyable, mais il peut également être semé d’embûches. Le manque de soutien médical adéquat et la pression sociale peuvent rendre cette aventure encore plus complexe. Cependant, il est crucial que les mères reçoivent le soutien dont elles ont besoin, quel que soit leur choix en matière d’allaitement. La santé et le bien-être de la mère et du bébé doivent toujours être la priorité absolue.

Rappelons-nous que chaque parcours d’allaitement est unique, et que la décision de poursuivre ou d’abandonner l’allaitement doit être respectée. L’essentiel, c’est de faire ce qui est le mieux pour vous et votre bébé.

Que vous choisissiez l’allaitement maternel, l’allaitement mixte ou le biberon, votre amour et votre dévouement envers votre enfant sont ce qui compte le plus. L’allaitement ne définit pas votre valeur en tant que mère. Vous êtes une maman formidable, quelle que soit la route que vous empruntez. Continuez à suivre votre instinct, à prendre soin de vous et de votre tout-petit, et rappelez-vous que vous n’êtes jamais seule dans ce voyage de la maternité.

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