#1 Les Chroniques de Juju

Bienvenue dans ces nouvelles chroniques, un nouveau (et énième) projet que j’initie, une fenêtre ouverte sur mon journal intime, une source de motivation pour moi, et j’espère, pour vous également ! Ce projet prend forme comme un exutoire libérateur pour mes pensées qui ont commencé à encombrer mon esprit comme de la vilaine poussière qu’on aurait laissée s’accumuler dans une vieille maison abandonnée, entraînant des nuits agitées et des rêves hantés. Nous sommes le 1er septembre, marquant le début d’une nouvelle phase pour beaucoup, le moment de clore les vacances, de fermer les valises et d’embrasser un nouveau départ ou clore un long chapitre selon sa vision des choses. Je vous invite à me suivre dans cette aventure qui s’annonce longue, périlleuse et passionnante !

Plongée dans l’univers du développement personnel.

« Bonjour, je m’appelle Julie, et depuis un mois, je suis plongée dans le développement personnel. » *applaudissements venant de types louches en costard et de profs de yogas improvisés* : « Bonjour Julie. »

Plus sérieusement, je me sens un peu bête à présent. Moi qui taquinais gentiment toutes ces notions d’aspirants entrepreneurs, de termes en « -ing, » et de rituels pour les âmes visiblement pas assez occupées. Ironiquement, je me suis totalement laissée emporter par cette tendance. Pourquoi, me demanderez-vous ? Avec deux jeunes enfants, n’est-ce pas déjà suffisamment prenant ? Pourquoi ajouter une pression supplémentaire et augmenter les attentes ? Peut-être ressens-je un vide latent ? Est-ce à cause des vidéos TikTok abrutissantes que je regarde dans mes moments brefs d’isolement dans mes toilettes ? Non, enfin, peut-être un peu. En vérité, je n’ai pas toutes les réponses. Et c’est là le dilemme : récemment, j’ai eu l’impression de perdre le contrôle. Ma vie de couple, mon quotidien, tout est en ordre, mais mon esprit est en ébullition. Depuis des semaines, des années même, je me lève chaque jour avec un esprit foisonnant, mais récemment, cela a pris des proportions presque démesurées qui ont commencé à atteindre mon équilibre émotionnel et mental.

Le Déclencheur Inattendu de ma Quête

Tout a commencé avec une phrase qui avait déjà été prononcée à maintes reprises lors de soirées entre amis, de réunions dans mes anciens boulots, ou durant des repas familiaux après avoir débité 100 phrases à la minute. Cependant, cette fois-ci, elle a résonné en moi comme jamais auparavant : « N’es-tu pas un peu hyperactive ? » Ce n’était pas dit avec malveillance, mais cette remarque a agi comme un électrochoc. Pourquoi une telle réaction ? Après tout, ce n’est ni une insulte ni vraiment un défaut pour beaucoup de gens.

Pourtant, cette soirée, ce moment social, je l’avais préparée à l’avance, comme à chaque fois, anticipant ma tendance à « l’hyperactivité » (en vérité, ce que les gens nomment ainsi est ma tendance à l’extravagance verbale et corporelle et à ma capacité à être multitâches). En public, je me montre souvent très extravertie, peut-être même trop, et j’ai du mal à maîtriser mes émotions, mon impulsivité, et mon enthousiasme débordant. Certaines personnes interprètent cela comme de l’agressivité, ou elles se sentent mal à l’aise face à mon attitude. J’ai donc essayé de me retenir, de revêtir cette apparence de calme et de sagesse, papillons et fleurs dans les cheveux. Malheureusement, mes efforts sont restés vains. Derrière les sourires forcés, une fois rentrée chez moi, une profonde angoisse m’a envahie : j’avais encore échoué.

Ce qui a été dur à vivre, sur l’instant, c’est que c’était comme si j’avais la certitude profonde d’un coup que je ne pourrais pas changer. A côté, ma vie s’est transformée brutalement et j’ai été mise devant le fait accompli sur plusieurs points : mon fils va rentrer à l’école pour la première fois et je vais devoir reprendre le boulot pour des raisons financières essentiellement, contrainte. Cela a engendré un flot de pensées et d’angoisses que j’ai eu beaucoup de mal à gérer et mon cerveau, dans le traitement de l’urgence, a balancé toutes les portes de sorties et les plans B, plans C… qu’il pouvait. Pourquoi ? Ai-je peur de travailler, suis-je victime d’une flemme aigue ? Du tout. Mais j’angoisse à la fois de ne pas arriver à jongler entre ma vie de ma maman et mon travail, de sacrifier également mon couple et surtout, je le sais, le monde du travail ne me convient pas. J’aime travailler mais à chaque fois que j’ai eu à le faire j’ai sans cesse sentie que j’étais entravée dans mes capacités, qu’on me coupait les ailes, que j’obéissais à des ordres que je trouvais 9 fois sur 10 absurdes et que surtout, on ne me laissait jamais exprimer mon opinion, mes idées. Je suis un électron libre, littéralement. Et aujourd’hui, la centrale est en surchauffe. Mais je n’arrive pas à me changer, l’approche de la trentaine m’a permis au moins de me connaître. Je suis finalement arrivée à la conclusion qu’au lieu de lutter contre ma propre essence, je devrais orienter mes énergies vers les qualités inhérentes à ce tempérament et les canaliser de manière constructive. Cette idée peut sembler simpliste, mais elle a été une véritable révélation pour moi. Mes premiers pas dans le développement personnel et ma position face au ravin m’ont guidée vers cette prise de conscience.

Éveil vers le Développement Personnel : Ma Transformation Intérieure

Ces dernières semaines, ma nouvelle passion pour le développement personnel a pris le dessus et a balayé mes préjugés initiaux, pourtant nombreux, sur le sujet. Il est évident que je ne pourrais pas adopter le fameux « Miracle Morning, » sachant que mes nuits, avec deux enfants, sont souvent raccourcies à cinq heures tout au plus et que le miracle, c’est déjà de pouvoir dormir 8h correctement. Cependant, ces thématiques se sont révélées être une mine d’or pour convertir mon énergie en compétences tangibles, ce que ni la spiritualité, ni la philosophie n’ont réussi à faire jusqu’à présent (bien qu’ils soient toujours des compagnons de route !). J’ai choisi de mettre mes propres rêves au centre de mes préoccupations. J’ai réussi à établir des objectifs concrets pour l’avenir (je partagerai certainement ces détails prochainement) et je marche fièrement vers ce futur.

La tenue d’un journal me permet de diriger mes pensées envahissantes, et je suis convaincue que je vais offrir un avenir radieux à ma famille. Ce n’est pas simplement un souhait, c’est un engagement ferme. Cette « hyperactivité » qui a été étiquetée comme un défaut et qui m’a été reprochée est clairement le moteur qui propulse des réalisations bien plus vastes.

Réappropriation de mon Corps : Une Transformation en Cours

J’ai également pris la décision de ne plus être soumise à mon corps. Je le sais, je ne lutte pas contre une obésité morbide, et je ne suis pas confrontée à des problèmes de santé graves qui mettraient en péril mon futur. Cependant, il est un fait : depuis la naissance de mon deuxième enfant, en particulier, je ne m’apprécie plus. Je n’ai aucune honte à l’admettre. D’ailleurs, je ne ressens aucune honte à le dire, car je sais que cette situation va changer. J’ai le pouvoir de provoquer ce changement, et si je le peux, vous le pouvez également, vous qui avez vos propres complexes et j’espère vous encourager à adopter également cette philosophie.

Pourquoi je ressens ce complexe ? Parce qu’une dizaine de kilos supplémentaires se sont durablement installés sur mon corps qui, à la base, n’était pas déjà très mince (du moins pas comme je l’espérais). Ces kilos ont été accompagnés d‘une fatigue générale persistante, qui a nui à ma capacité de prendre soin de moi correctement : je n’avais plus la motivation de me maquiller, de choyer ma peau, et ainsi de suite. Et un cercle vicieux s’est enclenché : insatisfaite de l’image que j’avais de moi, j’étais déprimée, fatiguée, je continuais à me laisser aller… Ce cycle a duré plusieurs mois, pendant lesquels je me suis menti à moi-même. Cependant, il y a près d’un mois maintenant que je tiens bon : entre le sport, une alimentation saine et une reprise d’énergie, je tiens le cap. Mon corps n’a peut-être pas encore subi de transformation spectaculaire, mais ma manière d’interagir avec lui a évolué et c’est surtout cela que je voulais voir changer. J’ai appris à collaborer avec lui, à faire équipe, transformant ainsi ma relation avec mon propre corps. Il est indéniable que j’ai négligé ma propre prise en charge au cours des deux ou trois dernières années. L’arrivée de la maternité s’est imposée comme une entité puissante, protectrice mais aussi oppressante. À présent, je réalise que cette négligence n’est pas bénéfique ni pour moi ni pour mes proches, qui ressentent les conséquences de mes fluctuations d’humeur.

Conclusion : Reprise des Rênes

Le milieu de cette année m’a vu toucher le fond pour mieux rebondir. J’ai pris une décision radicale : m’éloigner complètement de toutes les sources médiatiques et activités génératrices d’angoisse et de déprime. Rien de constructif n’en émergeait, seulement des obstacles à mes ambitions. Progressivement mais sûrement, je coupe les liens avec les personnes nuisibles, celles chargées de négativité, de pessimisme voire de jalousie (un processus complexe avec mon « syndrome de Mère Teresa » dont je parlerai certainement prochainement). Je me souviens rarement avoir été aussi motivée et enthousiaste à l’idée d’initier de nouveaux projets, de « devenir une meilleure version de moi-même, » comme aiment le dire les coachs insistants qui spawnent sur nos algorithmes. Je sens qu’un tournant se dessine dans ma vie, un tourbillon qui, je l’espère, élèvera moi et mes proches vers des horizons plus élevés et sereins.

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